Où il n'est bien sûr nullement question, ni d'automne, ni de Paris…

19 décembre 2005

Questions Existentielles

Posté dans : Qui sommes-je, où allons-je?, par Dave A. à 9:19

Les questions existentielles se répartissent en deux catégories: celles dont peu de gens connaissent la réponse au point qu’elles paraissent ne pas en avoir, mais auxquels en réfléchissant bien ou de manière empirique, on peut fournir une réponse argumentée… Et puis celles pour lesquelles on a beau chercher, on finit toujours avec le mauvais nombre de réponses… Pour ceux de nos auditeurs qui auraient manqué notre émission spéciale « Dialectique hégélienne: vaste fumisterie ou véritable handicap mental », je rappelle que le bon nombre de réponses de l’honnête homme à une question – existentielle ou pas – est: un. Pas zéro, pas deux, pas trois ni même quarante-deux, mais bien un.

Une question type de la première catégorie serait donc: « Combien font deux et deux? », facilement extrapolable à l’ensemble des tables d’addition et de multiplication, sauf peut-être celle de sept, parce qu’elle est quand même vachement dur, mais bon… On peut résumer en disant que toutes les questions de votre prof de math rentrent aisément dans la catégorie de celles auxquelles on peut répondre, abstraction faite du nombre de singes et de machines-à-écrire à votre disposition.

Comment? « Et Gödel dans tout ça »? Eh bien c’est un très bon point, sur lequel il convient absolument de se pencher… J’allais d’ailleurs y… Oh! là bas! derrière vous! un numéro tout neuf de Science & Vie Junior…

[…]

qui recouvrait apparemment une mine antipersonnel… ah, pas de chance…

Bien, reprenons.

Donc, quand à la deuxième catégorie – celle des questions pour lesquels aucun consensus homologué n’a été atteint ou ne semble devoir l’être un jour, il est beaucoup plus difficile de discerner où elle commence et s’arrête réellement…

Qui c’est le plus fort: l’éléphant ou le rhinocéros?

… par exemple, fut longtemps considéré Catégorie Deux par les plus grands experts en la matière. En réalité, il suffit de savoir la taille des oreilles de l’éléphant et le problème devient trivial.

Parmi les autres indécidables historiques figurent, en vrac:

Être vs. néant

Saint-Esprit vs. Fils-à-Papa

Marx vs. Hitler

Mahomet vs. ma lame en acier trempé de Tolède

Nietzsche vs. vers de terre

Clitoris vs. vagin

Id vs. Ego

Hegel vs. Star Ac’

Slip vs. caleçon

pour ne citer que quelques uns des plus populaires…

Mais, bien en amont de ces enfantillages ontologiques à peine digne d’un Jeopardy Spécial Célébrités se trouve une tout autre classe de questions. Des interrogations imprégnées de cultures orientales millénaires dont bien peu d’occidentaux parviennent même à appréhender la portée, encore moins tenter d’y répondre. Combien en effet s’aventureraient à aborder le pourtant classique:

C’est qui c’est le plus fort: ninja ou samouraï?

Pour ne rien dire des vertigineux sommets métaphysiques atteints plus récemment par ces courants de pensée si hermétiques à l’homme blanc.

Heureusement pour vous, chers téléspectateurs, nous recevons ce soir l’éminent Docteur Dave, titulaire d’un diplôme de l’Université d’État de Kinshasa en Potions, Magie Blanche et Désenvoûtement, dont les nombreux stages d’apprentissage dans les monastères des plaines reculées de Roppongi, Japon, en font l’un des spécialistes incontesté de la métaphysique orientale. En sa compagnie, nous allons donc aborder l’une des plus brûlantes question existentielle de ce XXIè siècle naissant, peut-être la seule restante, à une époque ou même le brûlant débat Predator vs. Alien n’est plus qu’un lointain souvenir dans les manuels de philosophie…

Grâce à son témoignage unique nous allons enfin répondre, de manière définitive et sans contestation possible, à la question:

Yakuzas contre joueurs de rugby néo-zélandais: qui c’est qui gagne?

La réponse, donc, après cette page de publicité…

8 Comments »

  1. Ah ben pas trop tôt…

    Pour l’hippopotame et l’éléphant, c’est l’éléphant parce que toute la force est concentrée dans la trompe, j’ai lu ça dans un bouquin…

    Et sinon la réponse est évidente: même néo zélandais, un joueur de rugby est vachement moins résistant qu’une lame de katana bien forgée, ou qu’une rafale de mini uzi si le yakuza est riche et moderne.

    Comment by neuro — 20 décembre 2005 @ 12:04

  2. J’en ai un autre:

    rigolo vs consternant

    Sinon ça va?

    Comment by Briscard — 20 décembre 2005 @ 1:16

  3. Neuro:

    Il est bien évident que la résolution de telles questions métaphysique exclue fermement tout accessoire (sinon tant qu’on y est: l’éléphant et sa trompe propice au maniement du lance-roquettes, qui donne un tout autre angle à la question)… De plus, hors de l’imagination fertile de quelques réalisateurs occidentaux, je ne sache pas que les yakuzas n’aient jamais compté la lame japonaise dans leur armement traditionnel… Al Capone ne liquidait pas ses concurrents à la masse d’arme non plus. Enfin, nous y reviendrons dans un instant…

    Briscard:

    Ca va très bien, merci… Je m’acclimate tranquillement et me pénètre doucement de l’Esprit de Noël en vidant consciencieusement la cave à vin familiale.

    Pour le reste du commentaire: est-ce le fruit de mes insécurités affectives doublées de capacité déductives embrumées, ou y lis-je une allusion à peine voilée à l’inéluctable baisse de régime (quantitative autant que qualitative) des productions bloguistiques récentes de la maison? Si tel est le cas: Ouch, baby, ouch…

    Comment by dr Dave — 20 décembre 2005 @ 10:28

  4. Dave :

    Il me semble évident que la trompe de l’éléphant ne relève en rien de l’accessoire, puisque c’est là que se trouve concentrée sa force. C’est comme considérer accessoire la carapace des hippopotames pourtant de nature à défier un blindé soviétique.

    Quand à la baisse de régime, si cela peut te rassurer, elle est uniquement mais fortement quantitative.

    Comment by neuro — 20 décembre 2005 @ 10:38

  5. Je suspens momentanément la lecture de ce blog commencée à 21h37 (ma télé m’a lâchée au milieu d’une phrase de Leïla Shahid sur Arte).
    Belle surprise que ce lien insoupçonné. Je reviens à la charge demain.

    Comment by Douda — 9 août 2006 @ 12:40

  6. […] Maintenant vous savez… « Il était une fois dans l’Est […]

    Ping by L’Automne à Paris » Il était une fois dans l’Est [dénouement] — 9 août 2006 @ 12:55

  7. Douda: La surprise est réciproque et l’honneur entièrement mien.

    Comment by dr Dave — 9 août 2006 @ 3:23

  8. […] Et sans plus tarder, la réponse tant attendue à nos récents questionnements rhétoriques existentiels… […]

    Ping by L’Automne à Paris » Il était une fois dans l’Est — 1 avril 2007 @ 2:17

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et ignotas animum dimittit in artes