Où il n’est bien sûr nullement question, ni d’automne, ni de Paris…

8 February 2007

Ma table de chevet…

Filed under: Caution Intellectuelle à 2 Yens, En Passant — Dave A. @ 2:11 am

Nous pressions le pas pour rentrer. Mais l’orage gagnait sur nous; il semblait nous poursuivre; nous nous sentions visés, oui, menacés directement. Alors, selon notre coutume, repassant ensemble notre conduite, l’un l’autre nous nous interrogions, tâchant de reconnaître à qui le terrifiant Zeus en avait. Puis, comme nous ne parvenions pas à nous découvrir de gros péchés récents, Suzanne s’écriait :

– C’est pour les bonnes!

Aussitôt, nous piquions de l’avant, au galop, abandonnant ces pécheresses au feu du ciel.

André Gide, Si le grain ne meurt

Supporting her weight with my left arm, I used my right hand to caress her soft straight hair. And I waited. In that position, I waited for Naoko to stop crying. And I went on waiting. But Naoko’s crying never stopped.

I slept with Naoko that night. Was it the right thing to do? That I cannot tell. Even now, almost twenty years later, I can’t be sure. I guess I’ll never know. But at the time, it was all I could do.

[…]

Her arms tightened around me at the end, when at last she broke her silence. Her cry was the saddest sound of orgasm I had ever heard.

Haruki Murakami, Norwegian Woods (ノルウェイの森)

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12 January 2006

Entre avoir soif et mourir noyé…

Filed under: Caution Intellectuelle à 2 Yens — Dave A. @ 3:30 pm

L’Automne à Paris vous offre aujourd’hui un billet sans sexe, sans drogue et avec très très peu de rock’n'roll. Ne vous en faites pas: ça ne deviendra pas une habitude.

Pascal, à Finis Africae (encore lui), se penche sur le problème de la pérennité des données, la perte de notre savoir en tant que civilisation et une question que nous nous sommes tous posés un jour ou l’autre:
Avec la frénétique évolution des formats et des technologies, nos arrière-petits-enfants pourront-ils jamais un jour visionner notre collection amoureusement amassée de films pornographiques en format divx?

Il prend position ainsi:

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29 September 2005

Où l’on parle viol, violence et châtiment (pas de fouet)…

Filed under: Caution Intellectuelle à 2 Yens — Dave A. @ 1:52 am

Bon, ça commence très mal.

Je vous jure: j’étais sur le point de pondre mon premier vrai billet dans le respect du cahiers des charges précédemment édicté (pour ceux qui prennent en route, c’était: du cul et du sang)… Quelque chose de grandiose, à mi chemin entre Sade et Pasolini, avec quelques ninjas et des écolières japonaises à couettes au milieu, pour faire couleur locale.

Et puis… En démarrant un commentaire sur un billet du toujours spirituel et passionnant Finis Africae, je me suis aperçu qu’il eut été plus logique de continuer ma conversation ici, surtout compte tenu de ma tendance à partir dans de longues tangentes peu adaptées au format restreint des boîtes de commentaires et dont tout le monde se bat – à juste titre – les organes reproducteurs.

C’est pas un sujet franchement excitant pour qui n’a qu’un intérêt mesuré pour le droit pénal américain (et français) et ses répercussions sociales et politiques. Moi, ça m’a toujours passionné, mais c’est normal: mon prof il était super marrant, il pouvait parler swahili avec un accent du Queens adorable, et il avait des tas d’histoires incroyables du temps où il était dans les Black Panthers. En revanche, étrangement, Law & Order, dont parle Pascal, ça m’a toujours un peu fait chier: il faut dire qu’à l’époque, c’était la fête des Indiana Jones de prétoire. Des milliards de séries à peu près toutes coulées dans le même moule, à peu près toutes à essayer de nous convaincre que c’est vachement plus passionnant de suivre la vie trépidante d’un avocat en costume Paul Smith, que de regarder McGyver construire une bombe de fortune avec un chewing-gum, trois épingles à nourrice et quelques kilos d’uranium enrichi qui traînaient là par hasard (vous avez remarqué: c’est dingue ce que les gens laissent trainer par hasard aux endroits les plus incongrus dans McGyver). Enfin de toutes manières, tout ça, c’était à l’époque: maintenant, le soir, à la télé, c’est plutôt Hard Gay, c’est vachement plus reposant pour le cortex cerebellum.

Alors on va faire un marché: pour cette fois, je parle de trucs vraiment pas excitants. Vous, pendant ce temps là, vous allez louer Le Couvent de la Bête Sacrée (聖獣学園: un chef-d’oeuvre cinématographique des années 70, qui vient chaudement recommandé par Nunspoitation.net) et puis vous revenez demain. Promis, j’aurai trouvé quelque chose de plus émoustillant à vous raconter, même si ça doit me coûter 60,000 yens et un tour à Kabukicho ce soir.

Donc: Pascal se penche sur le dernier épisode (enfin dernier en France, parce que moi je suis pratiquement sûr d’en avoir entrevu une rediffusion il y a au moins trois ans entre deux épisodes des Simpsons, mais bon, on est pas là pour taper sur la télé française: elle fait ça très bien tout seul) de la série Law & Order. Pour faire court, Pascal est choqué par les résultats d’un “vote” interactif, ayant été conduit auprès des téléspectateurs Etats-Uniens à l’issue de l’épisode, et donnant à 62% l’homme suspecté de viol comme innocent. Seul 19% des téléspectateurs américains l’ayant jugé coupable et 19% plaidant pour un énigmatique “non lieu” (j’y reviens plus tard). Les indices présentés pendant l’épisode, nous dit Pascal, ne permettent en rien de trancher sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé. Il conclue:

Pourtant, la majorité des « jurés » a préféré innocenter l’accusé (et donc sous-entendre que la fille mentait, malgré les traces de violence physique), plutôt que de conclure l’affaire sur un non-lieu. Bref, en l’absence de preuve formelle et en cas de doute, homme avoir raison, et femme être garce manipulatrice.
Les siècles passent, on lutte, tout change, mais rien ne change…

Et là, bien qu’étant le plus improbable défenseur du système judiciaire américain et du peuple d’imbéciles qui lui permet de subsister, je me dois de protester contre ce qui me semble être, essentiellement, un manque d’appréciation des différences existant entre les notions françaises et anglo-saxonnes du droit pénal.

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