Où il n'est bien sûr nullement question, ni d'automne, ni de Paris…

24 décembre 2006

Post coitum, anima tristis

Posté dans : l'Actualité, par Dave A. à 1:19

« Post coitum, omne animal triste » aurait parait-il écrit St Augustin, qui passa beaucoup de temps à observer ses cochons d’Inde niquer en cage.

Adage exact s’il en fut, j’en témoigne. La détresse post-coïtale touche tous les animaux, même le plus bipède des mammifères…

N’allez pas tirer de conclusions hâtives : il ne s’agit en rien d’une entorse aux strictes règles de la vie monacale qui est la mienne ces temps-ci (sobriété, chasteté, humilité, domination mondiale d’ici la fin de la décennie…), le coït en question fût purement intellectuel. Et je ne suis même pas tout à fait sûr qu’il s’agissait d’un rapport consentant. Entre la Science et moi, je sais pas qui se débattait le plus, mais de notre interminable séance d’accouplement des deux derniers mois, il ne me reste que de très vagues résurgences : je me souviens m’être couché un soir de novembre en me disant que décidément, il allait falloir s’y mettre pour de bon… Puis, plus rien, le vide total, pour me réveiller avant-hier, nu sur le sol de mon appartement, recroquevillé en position foetale, le corps couvert d’inscriptions bizarres tatouées au bic quatre-couleurs.

Dans le brouillard amnésique de cette période, il y eut bien quelques lueurs de réminiscence, balises du souvenir de jours meilleurs passés ou à venir… Je me souviens avoir pensé une fois ou deux à ce blog, à ses trois lecteurs chers à mon coeur, à la faim dans le monde, à la guerre et à l’injustice, à la manière incroyablement érotique de ma consoeur de science de retrousser ses lunettes en me demandant ce que je pensais de cet inversion du nabla à mi-chemin sur la courbe de ses lèvres délicatement relevées en une moue interrogative et indéniablement provocatrice classification non-linéaire par approche du gradient fraîchement apparue sur l’écran de résultats. Pas spécialement dans cet ordre, mes pensées…

Et puis comme à chaque fois, je suis finalement arrivé à destination quasi-intact, preuve que l’on peut très bien survivre quelques mois sur trois heures de sommeil quotidiennes et 5 grammes de caféine dans le sang, avec seulement de très légères séquelles psycho-motrices à déplorer. Le problème, c’est que maintenant que je peux, je ne veux. Bien qu’ayant enfin mis un terme à mon récent débordement d’activité, je ne suis plus d’humeur à reprendre toutes ces occupations non-vitales interrompues à contre-coeur pendant les derniers mois.

C’est rien, j’ai juste l’âme temporairement un peu vide. Ça devrait passer.

La mauvaise nouvelle (ou la bonne, suivant que vous vous forcez à la lecture de ces billets par pur instinct masochiste), c’est qu’il va falloir attendre encore un peu pour des billets frais sur ce carnet. La bonne (resp. mauvaise) nouvelle, c’est que j’ai malgré tout quelques brouillons en réserve, des trucs écrit entre deux comas post-épileptiques, que j’avais encore moins envie de publier avant que maintenant : du réchauffé désynchronisé, mais qui fera bien l’affaire aprés quelques relectures rapides…

Message à caractère personnelle : dans tout ça, j’ai un peu l’impression de n’avoir pas été le seul à négliger son lectorat récemment (pas de noms, mais je n’en pense pas moins). Alors on sort tous sa plume de là où on l’avait distraitement laissé (je veux pas savoir comment elle est arrivée là) et on s’y remet, que diable. J’attends.

Un commentaire »

  1. […] J’ai beau essayer le zen, la quête du satori, la mort lente par agonie des neurones… et pourtant. Le calme me fait peur, je n’y peux rien, c’est comme ça. L’anxiété sociale, la peur du vide, Qualche volta, quest’oscurità, questo silenzio, mi pesano… Tout ça… […]

    Ping par L’Automne à Paris » J’ai pour me guérir du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi-même. — 15 janvier 2007 @ 2:44

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et ignotas animum dimittit in artes