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Où il n’est bien sûr nullement question, ni d’automne, ni de Paris…
Les 22 Disparitions
Prisons Tchèques Pt. 2
Bon, reprenons.
La dernière fois, nous apprenions, à la grande surprise du jeune Dave, que non, la musique n’adoucit pas toutes les moeurs, surtout à partir de 130 bpm.
Cette fois-ci, notre héros, légèrement moins boutonneux mais non moins jeune, apprend à ses dépends que le hasard à parfois des hoquets un peu chiants.
La suite de l’histoire se déroule pas mal d’années plus tard : beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts de la Vltava depuis ce précédent épisode qui demeurait enfoui dans les souvenirs lointains et embrumés d’une jeunesse quelque peu chaotique et embrumée elle aussi. Suivant un plan de carrière solidement établi sur un coin de table de bar à 5 heures du matin, j’étais parti tenter gloire et fortune sur un autre continent où je commençais à avoir mes habitudes, ce qui n’empêchait pas d’occasionnels pèlerinages dans mes capitales européennes favorites. C’est à l’occasion d’un de ces passages que je renouai un soir avec la faction non-armée du front trotskiste de libération des sofas parisiens, branche canabique, en la personne de Nico.
Ah, Nico.
J’avais rencontré Nico à l’époque où nous usions tout deux nos fonds de matière grise sur les bancs d’une vénérable institution spécialisée dans le lavage de cerveau à but éducatif. De tous nos camarades de cet époque, Nico et moi étions parmi les deux seuls à ne pas avoir cherché et obtenu le droit de défiler sur les Champs Élysées, cornes au front, plume aux fesses, entre deux chars Leclerc. Lui, par vocation, moi par absence totale d’icelle ; la sienne étant d’aller enseigner la réduction d’endomorphisme et la contestation sociale aux pupilles amorphes de la nation, du haut des estrades de la République. Fort heureusement, ni ses responsabilités nouvelles, ni l’attente du Grand Soir sans cesse différé, ne l’avaient détourné de ses passions horticoles premières. Passions dont les fruits, il faut bien l’avouer, contribuaient nettement à l’appréciation des débats philosophico-politiques prenant place avec régularité sur la moquette de son studio, cinq soirs par semaine, hors congés et veilles d’exams. Qu’on ne se trompe pas : malgré sa doctrine de guévariste larzacien et une utilisation un rien trop parcimonieuse des resources en eau de sa salle-de-bain, Nico était un mec bien, que je respectais énormément pour s’être tenu à des convictions qu’il aurait pu facilement brader au moment opportun.
De passage chez Nico, autour d’un calumet de la paix, je m’attachai ce soir-là à ne pas ouvrir de polémique par un questionnement trop aiguë de certaines notions économiques avancées par quelque convive en poncho, quand le sujet se porta sur l’organisation du lendemain. Ce weekend là, se déroulait dans quelque contrée éloignée une sorte de messe satanique à l’échelle planétaire où des suppôts du capitalisme de tous pays se réunissaient en vue d’échanger leurs meilleurs recettes de tournedos de chaton braisé avant de renégocier les termes de leur partage du monde. Une occasion rêvée pour la cellule parisienne du Front d’aller serrer les coudes avec ses homologues étrangers tout en formulant vocalement et kinético-minéralement leur désaccord sur la tenue de ce sommet. Comme il restait un demi-siège de R5 et un quart de réservoir à pourvoir, je résolus de me joindre au groupe. Il était bien entendu qu’une fois arrivé, je leur laisserais le soin de remplir le quota de participation à la vie associative locale, tandis que je mettrais à profit ces heures pour aller dire bonjour à Amelia.
Rien ne pouvait échouer avec un plan aussi simple.
Prisons Tchèques Pt. 1
Comme je l’évoquai il y a quelque temps, un détail amusant de ma notice biographique (à paraître prochainement dés que j’aurais fini de convaincre Jean d’Ormesson de l’écrire) est que, en dépit d’origines me prédisposant pourtant peu à une vie de crime et de forfaitures, j’ai été jeté par deux fois en prison. Pas n’importe où non plus, puisqu’il s’agissait, en chaque occasion, des délicieuses geôles de la République Tchèque, qui figurent pourtant assez bas au classement international des destinations touristiques incontournables.