Où il n'est bien sûr nullement question, ni d'automne, ni de Paris…

27 septembre 2005

Bal des Débutantes

Posté dans : Carnet de Bal, par Dave A. à 3:03

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La semaine dernière, lors de mon bref séjour parisien, j’ai eu l’honneur d’assister à une partie de campagne bloguesque.

Bien sûr, étant généralement d’obédience avant-gardiste post-moderne (sauf pour la messe: en latin sinon rien), je n’ai pas cédé à la tradition vulgaire, qui veuille que l’on fasse connaissance avant même de se rencontrer, par lecture de journal interposée. Pas dans mon monde, s’il vous plaît (il parait qu’on trouve toutes sortes de déviants dans ce milieu). Je suis donc arrivé vierge de toute influence et avec pour seule introduction, le souvenir de ma rencontre avec Dame Kozlika, plus ou moins exactement un an auparavant, ainsi que bien sûr l’antenne parisienne du Front de Libération des Blogs Corses avec qui j’entretiens de cordiaux rapports WordPressiens.

Les autres: je devais probablement en connaître quelques uns à travers leurs écrits, sous une forme ou sous une autre; mais, d’une part, il semble que tout le monde avait oublié son badge ce jour là, d’autre part, avec quelques milliers de billets en souffrance dans mon aggrégateur au sortir de ma période d’examens (j’ai un peu peur que mon doigt n’ait malencontreusement glissé sur le bouton « Effacer Tout », depuis), je n’avais pas vraiment eu le temps de mettre à jour mes fiches de renseignements spécial Franco-Blogosphère.

J’arrivai donc assez mal préparé, et surtout, il faut bien l’avouer, avec un mélange bizarre de décalage horaire, passage à vide général doublé de légère angoisse existentielle post-universitaire et surtout un sale état de manque narco-dépendant. Du coup, c’était un Dave plutôt contemplatif et sans grande aspiration socialisante qui s’est présenté ce jour là: promis, la prochaine fois, je fais un effort et surtout j’évite d’opérer le matin même un sevrage de mon IV caféinée quotidienne.

Bon, sinon le seul et unique intérêt de ces trucs, quoi qu’on en dise, c’est pas le soleil, les conversations, ni même le clafouti de Kozlika: c’est le name dropping. En fait, il parait que tous les blogueurs ont une petite feuille cartonnée chez eux, avec des cases à cocher (« offert une bière », « pris en photo avec », « couché avec » etc) et ils organisent des bingos une fois par an. Evidemment, je commence avec pas mal de retard, donc j’ai du tricher un peu sur les bords, surtout que j’ai même pas pensé à demander le moindre nom quand j’y étais (un peu amorphe, je vous dis)… C’est donc par un travail de déduction intense et le regroupement des différents compte-rendus que je suis plus ou moins en mesure de vous dire avec quelles célébrités Françaises j’ai passé une après-midi, que j’étais tellement près, j’aurais presque pu les toucher (!):

Outre les sus-nommés Kozlika et Michel, je me souvenais bien malgré les ravages de l’alcool avoir déjà croisé brièvement l’année dernière un gentleman avec qui j’ai pu discuter des aléas de la vie à l’étranger (enfin hors de France, quoi). Le brillant et érudit Finis Africae (en couple), un barbu, un maudit Français, un monsieur avec pleins de bonbons, un type qu’arrêtait pas de prendre des notes, Taré de la Photo #1, un infirmier de stars (j’ai complètement oublié de lui demander le numéro de portable de Serge Gainsbourg), un adolescent attardé (mais attachant), une [at]spirante [at]rtiste et deux frères. Tandis que, pendant ce temps, dans une galaxie crès crès lointaine, ça sentait pas mal l’hormone de flamant rose. Beaucoup de rase-gazons aussi, sans laisse, mais encadrés par le minimum légal requis de gardiens assermentés.

Notables absents: une dangereuse linguiste et le rédacteur en chef de Madame Figaro Blog, que j’eus néanmoins le bonheur d’entrevoir en cadre plus intime (et plus dans mes heures de fonctionnement normales), mardi soir, à la faveur d’un détournement d’avion et départ subséquemment retardé. Nos conversations furent, comme toujours, d’une immense élévation d’esprit.

A la lecture de ce compte-rendu approximatif, il est possible que vous aillez noté l’absence flagrante de certains convives, et n’en ayez attribué la faute dans votre trop grande mansuétude, aux difficultés de se souvenir des noms et visages de trente inconnus, un dimanche après-midi, avant même mon premier gin-tonic de la journée. En réalité il n’en est rien: c’est volontaire. Marx a fort bien démontré qu’aucune société capitaliste digne de ce nom ne pouvait subsister sans se fonder sur un clivage de classe strict. D’où nécessité évidente de marginaliser une partie du groupe en spoliant leurs droits à la reconnaissance en faveur de la classe bourgeoise dominante. C’est pas en 2005 qu’on va songer à tourner communiste, non plus.

4 Comments »

  1. Dave en VF

    Le problème avec l’écriture en général, c’est les lecteurs. C’est pourquoi j’ai décidé de commencer simple. C’est à dire sans lecteurs. On ne peut jamais faire trop simple quand on écrit. [Docteur Dave, qui vient d’ouvrir un blogue e…

    Rétrolien by Embruns > Journal de bord — 27 septembre 2005 @ 4:30

  2. Madame Figaro a grave merdouillé dans son traquebacage… et vous prie d’accepter ses excuses.

    Comment by Madame Figaro — 27 septembre 2005 @ 4:33

  3. Je ne me sens aucunement marginalisé, depuis ma crès lointaine galaxie, mais il est vrai que de peur de ne me rappeler des noms de tous, j’ai laissé à d’autres le soin d’énumérer les participants du festin… Voici, quoi qu’il en soit, le résumé le plus distingué, faute d’être d’une précision redoutable 😉

    Comment by palpatine — 27 septembre 2005 @ 7:49

  4. Le temps ne permettra peut-être pas de nouvelle partie de campagne avant le printemps prochain. Je viendrai donc au prochain Paris Carnet.

    Comment by michel — 26 octobre 2005 @ 7:21

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et ignotas animum dimittit in artes